GENERAL ELEKTRIKS

« Des concerts de haut vol »

Il y a deux ou trois choses à savoir sur RV Salters avant d’écouter le nouvel album de General Elektriks, "Parker Street" sorti en octobre 2011.

Stevie Wonder, Sly Stone, et Bowie sont des sujets sur lesquels il vaut mieux ne pas le lancer si votre temps est compté.

Le clavinet n’est pas le nom d’une station balnéaire. Il est le seul maître à bord de General Elektriks, son âme, son compositeur et interprète.

Evitez aussi de le surnommer le sorcier des claviers. Parce que c’est déjà fait, et que tout le monde est d’accord là-dessus, à commencer par ses ex-partenaires : –M-, Femi Kuti ou Vercoquin.

Exilé volontaire depuis 1999 à San Francisco, Salters en a profité pour intégrer une bonne école de surdoués et affiner son art sous le soleil de Californie : le collectif Quannum (les rappeurs de Blackalicious, ou Lyrics Born, notamment...).
 


Il produit tous ses disques, bosseur acharné sur les textures, et perfectionniste sur la console.

Sachez surtout que son album précédent, Good City for Dreamers, en 2009, a été une révélation. Pour le public (en sueur), mais surtout pour lui.

En 2003, son premier disque Cliquety Cliqk, était une carte de visite sans vraie prétention, réalisée dans l’ombre, poignée de bidouillages groovy pour mélodies de poche.

Good City For Dreamers était plus abouti. Surtout, en le portant à la scène, en laissant s’embraser en live les inoubliables «Helicopter» ou «Raid The Radio», changement de perspective : le sorcier des claviers (oh, pardon…) découvre pleinement le potentiel de son cocktail positif, mixant pop euphorisante et groove vintage.

Sachez d’ailleurs qu’il vaut mieux faire quelques assouplissements avant un concert du groupe, le Français et sa bande de copains ayant une fâcheuse tendance à transformer toutes les nuques en hochets dès qu’ils sont sur scène.

A force d’enchaîner les concerts de haut vol (plus de 200 recensés selon les forces de l’ordre), le Français a pris goût au jeu et à l’interprétation de ses propres compositions.

Conséquence logique et charnelle de l’expérience Good City For Dreamers, le nouvel album de General Elektriks est donc plus organique.

Parker Street, c’est de la réalité augmentée, la plus courte distance possible entre le live et le studio. Un travail de laboratoire encore accru, dans la lignée des productions hip hop américaines, au service d’un disque de musiciens.

Et pour cause : pour la première fois, Salters ne s’est plus contenté de programmer : il a utilisé un vrai batteur, Michael Urbano. Un vieux loup de mer de la Bay Area, aguerri au funk, au rock et à la soul depuis des lustres.

RV a su capter la magie du jeu rythmique pour mieux en restituer la dynamique dans sa production, ces montées insensées, et toute la vie sur le disque.

Les deux partenaires se sont faits la main ensemble un peu dans l’urgence en 2010, pour les besoins de la BO de la série Les Beaux Mecs (sur France 2), signée par RV.

Un projet s’intégrant dans Elektriks Collection, une série discographique gérée par Salters, et présentant les projets satellites autour de General Elektriks : Le MC Pigeon John, Antonionian (batteur en live de General Elektriks), ou Honeycut, trio de soul garage auquel participe aussi notre musicien passionné.

Par un ironique concours de circonstance, Michael Urbano est aussi le proprio de la maison familiale de RV Salters sur Parker Street, où le nouveau disque a été enregistré.

L’expression « Fait à la maison » prend donc ici un sens profond. Après la ville de Good City For Dreamers, zoom encore plus serré : voici la rue de Parker Street. Une plongée au plus près de l’âme musicale d’Hervé, mêlant production hip hop, gimmicks funk, mélodies pop et même quelques inédites incartades 80’s du meilleur effet («Holding Down the Fort»).

Une virée dans la discothèque en désordre de Salters, où Curtis Mayfield et Thelonious Monk trônent amoureusement sur les Zombies, les Beatles, et la Motown.

Premier de cordée, le single «Summer is Here», est ainsi un condensé explosif de bonheur simple et de pop 60’s ensoleillée, où comme tout au long du disque, Salters s’affirme vocalement avec un chant soul souple et désormais totalement décomplexé.

Aujourd’hui à l’aise dans sa rue, il ose y exposer sa poésie personnelle et intime, qui parle d’amour et de mort, de famille et de copains. Offrant à l’occasion, des textes parfois plus amers et désabusés qu’à l’accoutumée («I’m Ready»).

Parker Street est finalement l’album photos d’une époque, orchestré par la musique de sa vie.

Une dernière chose à savoir sur RV Salters : il vient de déménager. Toujours cette jolie tendance à aller de l’avant. C’est plus fort que lui.

General Elekytiks figure à l'affiche du festival Insolent, collection printemps. Consultez la page de ce festival sur notre site.

Retrouvez toutes les infos sur : www.myspace.com/generalelektriks   et sur www.general-elektriks.com/

 



 

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